Mais où vont les trucs du pissenlit ?

Le pissenlit, ce mal-aimé des jardiniers ! Je ne suis pas un fanatique, encore qu'en salade… Mais depuis peu, j'ai découvert un pissenlit unique. En fait pour être plus précis, j'ai découvert, par hasard, un véritable trésor caché sous un pissenlit : une véritable critique littéraire posant un regard juste, sensible et très riche sur la littérature de jeunesse, ses oeuvres et ses créateurs. Une bouffée d'air pur, loin de l'impressionnisme didactique de pseudo-critiques. Allez donc voir ce qu'Alice nous offre dans son blog Sous un pissenlit…  

Le plaisir d’une rencontre autour d’un de mes livres

Lettre du Seul et Unique Père-Noël au premier ministre du Canada

 

Ce personnage d'un de mes récents livres, Le Père-Noël démissionne, a décidé d'écrire une lettre au premier ministre du Canada, M. Harper, pour lui faire part de ses doléances. Étant le porte-parole de mon personnage, je vous invite à l'imiter.

Pôle Nord… du moins ce qu’il en reste

 

Monsieur Harper,

 

Ne soyez pas offusqué si je vous appelle ainsi. Pour moi, en tant que Seul et Unique Vrai Père-Noël, vous êtes un citoyen ordinaire comme tous les autres. Je crois fondamentalement dans le principe d’équité sociale.

Je vous écris cette lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps. Hommage à Boris Vian, que vous ne connaissez probablement pas puisque vous ne lisez pas d’oeuvres littéraires et que cet auteur n’est pas dans le livre Guiness des records. J’ai longtemps hésité avant de le faire mais, aujourd’hui, il y a urgence.

La première des choses que je viens vous demander – pour un fois c’est moi qui demande un cadeau- c’est de bien vouloir m’enregistrer sur la liste des futurs demandeurs d’asile. Pas pour des motifs politiques ou économiques. Pour des raisons environnementales. Vos récentes décisions prises à Durban font que d’ici peu je ferai partie de la cohorte des premiers réfugiés climatiques de l’Amérique du Nord. J’ose espérer que vous serez sensible à ma demande et que vous saurez nous trouver un nouveau lieu de résidence pour Mère-Noël et moi-même ainsi que pour tous les employés de ma petite entreprise. Par contre, évitez nous le nord de l’Alberta. Le paysage y a perdu sa beauté. Nous préférons l’odeur des pins à celle des sables bitumineux.

Évidemment, nous redoutons une réponse négative. Je vous précise toutefois que les conséquences d’un refus de votre part pourraient peser lourd sur votre conscience morale vis-à-vis de l’ensemble de la population mondiale. Ce qui me rassure cependant c’est que votre obsession de l’économie ne devrait pas vous amener à prendre une décision qui serait catastrophique pour mon entreprise et l’économie de votre pays.

J’ai une autre chose à vous demander. Je sais bien que vous n’avez pas l’habitude de faire des cadeaux à  d’autres personnes que vos proches. Mais, comme disait ma Grand-Mère-Noël, qui risque rien n’a rien. J’ai constaté ces dernières années, lors de mes tournées traditionnelles, que votre beau pays, dont un de vos confrères a déjà dit qu’il était le plus plus beau pays au monde, n’est plus ce qu’il était hélas. Probablement que vous êtes trop occupé pour vous en rendre compte. Ce serait bien que vous preniez le temps de faire le tour du pays là où vous n’avez pas l’habitude d’aller. Il y de plus en plus de pauvres, ce qui est désolant pour un pays qui avait si bonne réputation autrefois. Ce qui devrait vous réjouir par contre c’est que les riches sont moins nombreux mais de plus en plus riches. Vous aimez la richesse, c’est bien connu. Vous n’arrêtez pas d’en parler. Mais ce sont toujours les mêmes qui en profitent.

Pourriez-vous, puisque vous êtes élu par les gens de ce pays, riches ou pauvres, prendre acte des demandes des pauvres étant donné qu’ils sont désormais une majorité. J’ai pu constater, il y a peu de temps, à quel point vous aimez cette notion de majorité. C’est une simple question d’équité dans cette démocratie de ce beau pays (pas plus plus, c’est du passé) dont vous êtes le représentant.

Enfin, dernière chose. Je la demande même si me doute bien, qu’hélas,  vous n’avez rien à faire des doléances du Seul Vrai et Unique Père-Noël. Vous n’y croyez probablement plus. Peut-être devrai-je inscrire mon entreprise en bourse pour attirer votre attention ? Hélas, j’aime trop l’honnêteté et n’ai aucune envie de déposséder les autres. Bref, ces dernières années, un nouveau phénomène s’est manifesté. Dans certains endroits, les gens ont tellement peur que je suis reçu à coup de fusil ! Et même si c’est un fusil de chasse, cela n’a rien d’agréable. Le pire c’est que c’était le gamin et non son père qui me visait ! Le père préparait sa kalchnikov. Pourriez-vous faire quelque chose afin d’éviter que n’importe qui fasse joujou avec ce qui n’a rien d’un jouet ? Ça me rendrait service.

 

 

 

Voilà.

 

 

 

 Je ne pourrai pas passer chez vous cette année. Trop de gardiens de sécurité et comme vos services spéciaux sont rapides sur le poivre de Cayenne, je ne veux prendre aucun risque. De toute façon, je sais que vous ne manquez de rien et que vos nombreux amis vous offriront des cadeaux. Ils en ont les moyens. Ce qui n’est pas le cas de bien d’autres. Je garde donc les cadeaux pour eux.

 

 

 

Le Seul et Unique Vrai Père-Noël

 

p-s : si vous voulez me répondre, faites-le via mon associé du Québec. Voici son courriel :

 

immaaluk@sympatico.ca

 

 

 

  

Et si, un jour, l’école…

« Je pense que la liberté ne signifie qu'une chose : la victoire sur la peur.» Vassili Golovanov in Éloge des voyages insensés, Éd Verdier / Slovo, Paris 2008

 


En lisant cette phrase, je me suis mis à songer à tous ces enfants qui viennent de devenir des élèves pour plusieurs mois. Et je ne peux m'empêcher de rêver. Rêver qu'un jour tombent les barrières de la peur. Peur d'écrire à cause des fautes ! Comme si l'écriture ne se résumait qu'à ce détail. Peur de dire à cause de la gêne de se retrouver seul face aux autres. Peur de ne pas donner la bonne réponse et d'avoir une mauvaise note (puisque nous y sommes revenus !). Peur de ne pouvoir être soi-même avec ses forces mais surtout avec ses faiblesses. Trop en avoir c'est risquer de se retrouver identifié par un code à chiffres. Je ne peux m'empêcher de songer à ces enseignantes et enseignants vivant dans l'enclos de modèles pédagogiques formatés par des gens qui ne fréquentent pas souvent les salles de classe, voire pas du tout. Je me prends à rêver du jour où ils n'auront plus peur de dire non à la «didactocratie» et de revendiquer une pédagogie de l'humain. Ce jour là, l'école en sera une où le mot liberté aura un sens.

Les feuilles d’automne

 

Elles sont presque toutes tombées des arbres. Elles virevoltent au gré des fantaisies du vent. Elles s'entassent le long des rues. Images d'automne traditionnelles. Dans quelques jours, des milliers d'autres feuilles vont se retrouver sous les yeux de centaines de regards, et dans les mains de centaines lecteurs de tous âges. Dans quelques jours, ce sera une autre image traditionnelle de l'automne à Montréal : le Salon du livre.

Je dois avouer que pour moi, c'est un moment trop étourdissant. Je m'y sens toujours comme une de ces feuilles mortes bardassées en tous sens par les caprices du vent. Assis à une petite table, sous le regard de gens qui, bien souvent, vont me dire un mot par gêne ou par gentillesse, allant même jusqu'à me demander si j'écris, ou encore si je sais où se trouve tel kiosque ou tel auteur, l'heure qu'il est, où se trouve la toilette la plus proche. Bref, le quotidien. Bien évidemment, il y a aussi des lecteurs, ou des futurs lecteurs, qui s'arrêtent, regardent, questionnent. Ceux-là, je les garderais près de moi pendant tout le salon si je le pouvais. Mais le pire, en ce qui me concerne, c'est se sentiment d'être exposé comme au comptoir des fruits et légumes et de ne pas avoir l'étiquette spécial du jour, celle qui attire fatalement les gens.  Comment ne pas se sentir tout petit lorsque des lignes entières se forment autour des «vedettes» ? Ça brasse l'égo en titi ! Heureusement, une brève méditation remet tout à sa place. Après tout, il y des drames bien pires que cet affront à l'égo.

Alors, me direz-vous, pourquoi y allez-vous au salon ? Parce que les éditeurs et tous ces gens qui travaillent dans l'ombre pour donner vie à nos créations le méritent bien. Ma présence à ces séances de signatures est, pour moi, une façon de leur dire merci deux fois plutôt qu'une.

Paris, novembre 2011: spectacle du chorégraphe Jacques Fargearel

 

Dans deux semaines, à Paris, ce sera la première du spectacle du chorégraphe et ami Jacques Fargearel, À petits pas, auquel ma compagne Francine Caron et moi-même avons participé en créant un texte à quatre mains soutenant et accompagnant la chorégraphie. S'appuyant sur le thème de la construction de l'individu, de l'enfant en devenir jusqu'à l'adulte en regard sur son chemin de vie, ce projet fut une expérience de création heureuse et riche.

Ce qui a été, pour moi, le plus stimulant tient à deux choses. D'une part le plaisir de pouvoir créer ce texte avec ma compagne de vie. Il y a longtemps que nous y pensions. D'autre part, cette expérience de ne plus être seul face à mes idées et le texte en devenir. Notre démarche de travail a été celle d'une création collective. À partir des idées du chorégraphe, un premier synopsis a été élaboré. Puis, pendant une semaine, Francine et moi sommes allés en France participer au travail de création chorégraphique avec Jacques Fragearel et les deux danseurs, Hugo et Marc. De là est né un premier livret directement en lien avec la chorégraphie. Puis un récit qui accompagnera la production.

À petits pas sera présenté à Montréal à l'automne 2012 dans le cadre du festival Les coups de théâtre